La fin du stationnement gratuit à Paris pour le thermique

Un passage à l’acte de la mairie de Paris depuis la promesse faite en campagne


C'est la principale annonce des États généraux du stationnement de la Mairie de Paris : à partir de 2022,  les motos et les scooters thermiques paieront le stationnement dans la capitale. L'adjoint chargé de la transformation de l'espace public, l'écologiste David Belliard, a détaillé ce mardi les contours de cette réforme, tout en rappelant que "c'était un engagement de campagne" de 2020 : les deux-roues motorisés pourront continuer à se garer sur les emplacements voiture. Les futurs tarifs, qui ne s'appliqueront pas aux véhicules électriques, équivaudront à 50% de ceux pratiqués pour les voitures. Pas de changement en ce qui concerne le stationnement sur les trottoirs : il reste interdit, et l'élu a appelé la future police municipale parisienne à "sanctionner plus durement le stationnement sauvage" des deux roues motorisés.

Les professionnels du soin à domicile utilisant les deux-roues à moteur thermique bénéficieront du stationnement gratuit, et les autres professionnels d'un tarif spécifique, a précisé David Belliard, qui prévoit d'ajouter 5 000 places de stationnement aux 40 000 existantes pour cette catégorie de véhicules. 

Les places vont devenir plus rares et plus chères 

En revanche, la facture va devenir salée pour les autres dès le 1er août 2021 : le tarif visiteur pour les automobiles passera de 4 à 6 euros l'heure dans le centre de la capitale (du 1er au 11e arrondissement) et de 2,4 à 4 euros l'heure dans les arrondissements extérieurs. Les forfaits post-stationnement (FPS), qui remplacent depuis 2018 les contraventions, vont également connaître une nette augmentation, de 50 à 75 euros dans le centre, de 35 à 50 euros dans les arrondissements extérieurs. Et alors qu'il était jusqu'ici gratuit, le stationnement dans les bois de Vincennes et Boulogne va devenir progressivement payant à partir de l'automne, à 4 euros de l'heure.

Autre promesse de campagne, il a également confirmé que la moitié des places de stationnement en surface, soit entre 60 000 et 65 000 (l'équivalent de 60 hectares), allaient être transformées au cours du mandat : trottoirs élargis, pistes cyclables, espaces végétalisés, terrasses, mobilier urbain... Le nombre de places de stationnement va en revanche augmenter pour les personnes handicapées, les véhicules en autopartage, les professionnels et les taxis.

La maire de Paris Anne Hidalgo passe à la vitesse supérieure : les motos et les scooters à essence devront, à partir de 2022, payer 50 % des tarifs des voitures pour stationner dans la capitale. La mesure fait débat. 


Nouvelle taxe scandaleuse ou "mesure juste", comme la qualifie la mairie de Paris ? Les avis divergent. La municipalité parisienne a annoncé, mardi 15 juin, que le stationnement des deux-roues motorisés serait payant dès 2022 dans les rues de la capitale. La mairie espère ainsi récupérer plus de 20 millions d'euros de recettes annuelles.

Adjoint à la maire Anne Hidalgo en charge de la transformation de l'espace public, l'écologiste David Belliard a précisé que les deux-roues électriques ne seraient pas concernés par cette mesure. "Désencombrer l'espace public, renforcer l'accessibilité, nous adapter aux mobilités plus propres, faciliter le travail des professionnels : le #stationnement change à Paris !", s'est félicité l'élu sur son compte Twitter. 


"Excellente nouvelle pour favoriser le vélo ou le scooter électrique ! 

Ça ne concerne que les véhicules thermiques et non pas les véhicules électriques. Il y a une gratuité qui est maintenue et c'est aussi une incitation. Il faut faire en sorte qu'on ait une conversion progressive vers des véhicules qui soient moins polluants, il est normal aussi que chacun contribue à l'utilisation de l'espace public."

À Paris, le trajet moyen d'un scooter c'est 4 km, soit 15 minutes à vélo. Garanti 100 % gratuit et totalement silencieux." 


60 hectares transformés

Les mesures de réorganisation de la ville engagées par la maire socialiste ne s’arrêtent pas là. David Belliard a également indiqué que la moitié des places de stationnement en surface, soit entre 60 000 et 65 000 – l'équivalent de 60 hectares – allaient être transformées au cours du mandat au profit de trottoirs élargis, de pistes cyclables, d’espaces végétalisés, de terrasses ou de mobilier urbain.

Les professionnels du soin à domicile utilisant un deux-roues bénéficieront du stationnement gratuit, et les autres professionnels d'un tarif spécifique, a précisé l'adjoint, qui prévoit d'ajouter 5 000 places de stationnement aux 40 000 existantes pour cette catégorie de véhicules. 

À noter que l'interdiction de stationner sur les trottoirs perdure, a-t-il dit, appelant la future police municipale parisienne à "sanctionner plus durement le stationnement sauvage" des deux-roues motorisés. 

Autre promesse de campagne : les élus comptent créer plus de 1000 places pour les personnes handicapées et plus de 1000 autres emplacements pour les véhicules en autopartage. Plus de places aussi pour les professionnels : 1 000 places pour les livreurs, 100 pour les taxis.

Les automobilistes ne sont pas épargnés par les mesures dissuasives souhaitées par les élus de la capitale. Dès le 1er août 2021, le tarif visiteur pour les automobiles passera de 4 à 6 euros l'heure dans le centre-ville (du Ier au XIe arrondissement) et de 2,4 à 4 euros l'heure dans les arrondissements extérieurs. "A Londres, c'est 8 euros", a fait valoir David Belliard.


Les forfaits post-stationnement (FPS), qui remplacent depuis 2018 les contraventions, vont également connaître une nette augmentation : de 50 à 75 euros dans le centre, de 35 à 50 euros dans les arrondissements extérieurs. 

Jusqu'ici gratuit, le stationnement dans les bois de Vincennes et Boulogne va devenir progressivement payant à partir de l'automne – à 4 euros l'heure, a également annoncé M. Belliard. "Cette réforme arrive après six mois de consultation qui avait pour objectif de repenser le stationnement pour supprimer la moitié des places dans nos rues et faire la part belle aux piétons, aux vélos et à la nature", conclut l’élu écologiste sur son compte Twitter.  


Un tarif résidentiel sera possible comme pour les voitures. Pour les motos et scooters, il sera de 22,50 euros par an ou 0,75 euros la journée. Mais il n'est valable que pour sa zone de résidence. Un résident du XIe arrondissement devra payer le stationnement s'il quitte son quartier pour aller travailler dans un autre quartier par exemple.

Les professionnels du soin à domicile utilisant les deux roues à moteur thermique bénéficieront du stationnement gratuit, et les autres professionnels d'un tarif spécifique, a précisé l'adjoint.

5000 places de stationnement créées

Les amendes de stationnement vont augmenter. Elles passeront en zone 1 de 50€ à 75€ (non minorée) et en zone 2 de 35€ à 50€. David Belliard a annoncé la création de 5000 places pour les 2RM. Pour les deux roues, l'amende sera de moitié prix dans les deux zones.

Il a aussi rappelé que ces véhicules pourront continuer à se garer sur les emplacements voiture. 

Si Anne Hidalgo avait promis de ne pas rendre payant le stationnement des deux roues motorisés pendant son mandat, son équipe n'a jamais caché son projet de faire payer les stationnements. Depuis, la maire de Paris s'est à plusieurs reprises montrée "plutôt favorable" à cette telle mesure.

Entre ça et les restrictions de circulation de plus en plus sévères, la circulation dans la Capitale va se compliquer pour tout le monde. D'un autre côté, personne n'est obligé d'aller à Paris non plus. Et pour les autres, ne vous réjouissez pas trop vite, le mouvement risque de faire tâche d'huile dans d'autres villes, depuis son début depuis 2018 notamment dans certaines communes du Val de Marne.

Stationnement payant pour les deux-roues motorisés : "Nous savions que c’était dans les tuyaux depuis un moment"

Une mesure que dénonce la Fédération Française des Motards en colère.

La Mairie de Paris a annoncé en début la fin de la gratuité du stationnement pour tous les deux-roues motorisés hormis les scooters électriques d'ici 2022. Une annonce qui passe mal au sein des associations d’utilisateurs de deux-roues. La Fédération Française des Motards en colère dénonce, par le biais de son président Jean-Marc Bellotti, un refus de dialoguer de la part des élus.

Que reprochez-vous à cette nouvelle mesure ?

Or, le recours au deux-roues permet le plus souvent une occupation du véhicule moindre que pour les voitures ainsi qu’une optimisation de l’espace public. En effet, sur une place de stationnement pour voiture, on peut mettre 3 voire 4 deux-roues. Enfin, l’empreinte écologique de nos deux roues est bien moindre que celle d’une voiture car pour une même distance un deux-roues motorisé roule moins longtemps qu’une voiture. 

Ce dialogue avec les représentants politiques a-t-il toujours été difficile à établir ?

Non, il fut une époque, sous le mandat de Bertrand Delanoë (NDLR : Maire de Paris de 2001 à 2014) où nous étions reçus tous les 3 mois dans le cadre d’un Conseil du deux-roues motorisé où nous avions à chaque occasion un vrai échange sur nos conditions de circulation avec la Mairie. Nous avions même signé une charte de bonne conduite entre nos associations et les élus. Aujourd’hui, chaque discussion avec un élu doit se faire à la demande des présidents d’associations. Nous avons pu échanger avec David Belliard parce que nous lui avons demandé et non parce qu’il nous y a conviés.

Lors de cet échange, quelles solutions avez-vous proposés ?

Nous avons soumis l’idée que pour les professionnels qui stationnent leur deux-roues motorisé durant la journée, les entreprises prennent en charge le stationnement à l’image du Pass Navigo. Ainsi pour les usagers, le coût du stationnement serait moindre, le véhicule resterait dans un parking de l’entreprise ou un parc de stationnement aux alentours . De plus, cette solution libérerait des places de stationnement pour les gens qui vont et viennent dans Paris.

Saine reconquête de la ville ou scandaleuse « écologie punitive » ? A Paris, garer sa voiture sur une place dans la rue coûtera 50 % de plus dès le 1er août, sauf pour ceux qui ont une carte de résident. Les contraventions vont passer de 50 à 75 euros dans le centre de Paris, de 35 à 50 euros dans les arrondissements extérieurs. Le stationnement dans les bois de Vincennes et de Boulogne va devenir payant à l’automne. Début 2022, enfin, les possesseurs de motos et de scooters devront eux aussi payer pour laisser leurs véhicules sur la voie publique, sauf s’ils sont électriques.

C’est une vaste réforme du stationnement que l’équipe de la maire socialiste Anne Hidalgo a dévoilée, mardi 15 juin, après des mois de préparation, de consultation, puis d’ultimes arbitrages. Objectifs : lutter contre la pollution de l’air et le bruit provoqués par les véhicules à moteur thermique, et rendre une partie de l’espace public aux piétons et aux cyclistes.

Le projet doit être soumis au Conseil de Paris, début juillet. Son adoption ne fait pas de doute, compte tenu du consensus sur le sujet au sein de la majorité rose-rouge-verte qui dirige la capitale. Les quelques élus macronistes pourraient aussi approuver ce plan, ceux qui militent de longue date pour que le stationnement des deux-roues à moteur devienne payant.

Le parti Les Républicains (LR) se montre, en revanche, très critique. « Une fois de plus, Paris augmente les taxes et fait la chasse à la voiture, dénonce Nelly Garnier, élue du 11e arrondissement et porte-parole du principal groupe d’opposition. Or cette politique aggrave les embouteillages et ne fait que repousser la pollution ailleurs, en banlieue. On embolise la ville de façon idéologique. »

 

De quoi faire réfléchir au passage à l'électrique....

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